LGV Sud-Ouest : un projet gigantesque qui questionne

La ligne grande vitesse (LGV) du Sud Ouest est de plus en plus contestée. Il y a une semaine, les Soulèvements de la Terre ont rejoint la lutte, élevant la portée médiatique de cette dernière qui dure désormais depuis 30 ans. Mais qu’en est-il vraiment de ce projet de 327 kilomètres de long ? Si le train est globalement un allié de la transition écologique, nous devons rester lucides quant aux projets qui le concernent. Enquête.

Pourquoi la criminalité est-elle plus importante en banlieue ?

Pourquoi la criminalité est-elle plus importante en banlieue ? Publié le13 juillet 2024 Le Pavé Neuf, Noisy-le-Grand, 2015 – Lorent Kronental Pourquoi la criminalité est-elle plus importante en banlieue ? La criminalité peut être expliquée par l’environnement. Quand on explique que la pauvreté est un facteur de la criminalité, on se heurte toujours à cet argument à l’allure implacable : le monde rural pauvre est moins criminel que les quartiers urbains pauvres. Si tous les pauvres étaient des criminels, la carte de la pauvreté calquerait avec celle de criminalité, or on voit bien que ce n’est pas exactement le cas. Le fait que la ville abrite à la fois les plus pauvres et les plus riches ne suffit pas non plus à expliquer ce phénomène – même s’il est déjà plus intéressant. En fait, on ne peut pas résoudre ce paradoxe si l’on n’aborde uniquement le fait criminel par le prisme économique. Il nous faut changer de focale. D’aucuns pensent déjà à l’argument culturel : il y aurait plus de criminalité en banlieue à cause de la culture de ses habitants. Dans un prochain article, j’interrogerai la force de cet argument, mais dans ces lignes, j’essaierai plutôt de montrer que ce qui conduit au crime ce n’est pas la population et sa culture propre, mais l’environnement ; pas le contenu, mais le contenant. Quel mal habite donc la ville pour que cette dernière contamine ses habitants d’une soif de crime ? Est-elle le « bouillon de culture » [1] dans lequel les délinquants se construisent et se révèlent ? Dans le film New York 1997 (1981), l’île de Manhattan est devenue une prison. Elle devient l’environnement naturel de toute sorte de criminels. Il n’y a plus de loi et les hommes se livrent aux pires violences. Désorganisation sociale Dans la première moitié du XXe siècle, l’Ecole de Chicago [2] s’est particulièrement distinguée par une théorie : celle de la désorganisation sociale. Elle stipule que la communauté doit maintenir ses membres à l’intérieur d’elle afin de prévenir le crime. Le contexte spatial est au cœur de la compréhension du crime. Le contrôle social est un fabuleux frein au crime (Felson & van Dijk, 1993). Si les individus sont solidement liés à une communauté (comme la famille [3], ou dans une forme plus extrême – et contestable -, l’Etat-Léviathan imaginé par Hobes), ils seront empêchés de flirter avec le crime. La désorganisation sociale ne conduit pas au chaos, mais elle met les habitants d’un territoire dans une position fragile : « [Ces quartiers] exposent leurs membres à des situations criminelles probablement plus fréquentes, ce qui oblige les habitants à adopter une posture de négociation et de transaction » (Jean Luc Besson, 2005). La désorganisation sociale peut produire de la violence. Contrôle social Or, c’est justement en ville que les habitants et en particulier les jeunes sont moins contrôlés par la communauté. L’interconnaissance est moins forte et on est bien plus anonyme dans la ville que dans un quartier rural. Certains portent d’ailleurs cet anonymat en détestation. Ici, le philosophe Thierry Paquot parlant des grands ensembles : « On s’y enferme ; on ne partage ensemble, avec ses voisins, que la nuisance sonore, les cages d’escaliers mal entretenues, les ascenseurs poussifs et régulièrement en panne, les espaces verts lépreux, les parkings anxiogènes, lesjeunes (en un seul mot) qui s’approprient le hall d’entrée, parlent fort, vident des bières, traficotent, se moquent des autres » (Paquot, 2019). Le philosophe porte un regard négatif sur le grand ensemble car il fait croire qu’il unit les gens alors qu’il les écarte. Pour un ancien délinquant et habitant de grand ensemble qui se confie sur France tv, il faudrait même « raser toutes ces tours et remettre des trucs à taille humaine ». Dans Orange Mécanique (Stanley Kubrick, 1971), le principal protagoniste, Alex, se sent surpuissant, il laisse libre cours à ses pulsions de violence. Ses parents sont très laxistes, et notamment sa mère qui lui permet de sécher les cours et croit naïvement que son fils fait des petits boulots la nuit. Alex est hors de contrôle, littéralement. Il habite d’ailleurs dans l’immeuble « 18 A de l’alignement nord », un grand ensemble de banlieue – dont les parties communes sont délabrées, ce qui évoque d’une certaine manière la théorie de la vitre brisée [4]. Alex et sa bande se servent dans le supermarché du crime comme si tout était gratuit ; on le voit d’ailleurs très bien lorsqu’il se promène dans une sorte de marché et qu’il prend un journal pour le reposer 10 mètres plus loin. C’est l’Etat qui vient le rappeler à l’ordre de manière ultraviolente, poussée à l’extrême, en l’enfermant et le forçant à repulser tout comportement délinquant. Une question d’opportunité En fait, les milieux urbains abritent plus d’opportunités criminelles, mais pas forcément moins de délinquants. Dans les milieux ruraux, les délinquants n’ont simplement pas l’opportunité de commettre un crime. On aborde ici à la théorie des opportunités développée par Felson et Cohen en 1979 qui détermine trois facteurs pour qu’il y ait passage à l’acte : un délinquant motivé, une cible intéressante et l’absence de gardien capable de prévenir ou d’empêcher le passage à l’acte. Par exemple, un délinquant commettra moins d’atteintes aux personnes à la campagne parce qu’il rencontrera tout simplement moins de potentielles victimes. « Dans les villes, les zones à haut revenu qui voisinent les zones à faible revenu peuvent enregistrer un taux élevé de criminalité. Par ailleurs, des zones rurales à faible revenu peuvent avoir un taux de criminalité faible, parce qu’il y a peu à voler et que les distances sont grandes ». Felson & van Dijk, op cit Comme le fait justement remarquer David Tieleman architecte spécialisé sur les questions de criminologie, « la matérialité de l’environnement [distingue] l’espace privé de l’espace public, par exemple, et [permet] dans un second temps de déterminer la dimension criminelle ou délinquante d’un comportement » (David Tieleman, 2022). Dans certaines zones rurales, les seuls espaces publics sont les trottoirs et les routes quand ils font défaut. Ce qui est autorisé dans l’espace privé peut l’être beaucoup moins dans

Rendre la mort visible

Rendre la mort visible Publié le4 février 2024 © wallhaven Rendre la mort visible La mort est un sujet. On essaie pourtant de la mettre sous le tapis. Au contraire, il faudrait plutôt l’appréhender comme faisant partie de la vie. Quand j’étais enfant, j’avais très peur de la mort. Pour me rassurer, on avait alors dû me dire qu’on ne partait jamais de la mémoire de ceux qui restent, qu’on ne mourait jamais en quelque sorte. Je m’étais alors imaginé que chaque fois qu’un vivant pensait à un mort, ce dernier revivait un court instant. Ce n’était pas abstrait, je pensais vraiment que le mort se réveillait et nous regardait parmi les nuages ou que sais-je encore. Je m’imaginais mort. Mes enfants allaient surement beaucoup penser à moi, peut être aussi mes petits-enfants, mais mon empreinte dans la mémoire des vivants allait irrémédiablement s’effacer complétement. Un jour, je ne me réveillerai plus. Je ne me rappelle pas si j’étais allé jusqu’à cette conclusion. La tentation de fantasmer la mort est forte. D’aucuns préfèrent imaginer que le mort part dans les étoiles et qu’il veille sur nous, qu’il s’endort paisiblement ou bien qu’il rêve à l’infini. Cette occultation de la réalité de la mort se réalise dès le plus jeune âge, certainement parce que les adultes ont connu la tristesse de la perte et veulent l’épargner à leurs enfants. Dans le film La vie est belle (1997), le père fait tout pour que son fils ne perçoive pas la mort qui plane au dessus d’eux. Mourir deux fois Norbert Elias disait dans son fameux article La solitude du mourant (1985) que « si la chaîne du souvenir se rompt, si la continuité d’une société déterminée ou de la société humaine en général est interrompue, le sens de tout ce que ses membres ont accompli au cours des millénaires, de ce qu’ils ont tenu pour précieux, disparaîtra du même coup. » On conviendra que mourir, c’est mourir deux fois ; une fois chez les vivants et une fois chez les morts. Mais, explique Elias, ce qui inquiète ce n’est pas de mourir, mais « la représentation anticipatrice de la mort. […] Pour les morts il n’y a plus ni crainte ni joie. […] On entre dans un rêve et le monde disparaît – si tout se passe bien ». Mourir ce n’est rien. Le vrai sujet concerne notre appréhension de la mort, c’est-à-dire le fait d’y réfléchir encore vivant. Elias prouve que c’est une peur récente liée à ce qu’il nomme le processus de civilisation et plus en particulier, à l’occultation de la mort. Au contraire, il faudrait rendre la mort visible car nous n’avons plus les armes pour accompagner les anciens qui meurent alors seuls, à se demander ce qu’il restera d’eux. Ceux qui meurent nous mettent mal à l’aise car ils nous rappellent notre finitude. « Je meurs », disent-ils. « Impossible », leur répondons-nous. Il y a donc incompréhension, une gêne qui nous éloigne d’eux. Nous le regrettons une fois trop tard. « La mort n’est pas effrayante […] Terribles, en revanche, peuvent être les souffrances des mourants et le deuil des vivants lorsqu’ils perdent un être cher […] La mort ne recèle aucun mystère. Elle n’ouvre aucune porte. Elle est la fin d’un être humain. Ce qui survit de lui est ce qu’il a donné aux autres hommes, ce qui se conservera dans leur mémoire. ». Norbert Elias dans La solitude du mourant, 1985 Certes, ils vont mourir, inévitablement. Tout l’enjeu est de les faire partir le sourire aux lèvres. Le problème, c’est que seuls, ils se croient sans aucune valeur. Ils sont isolés, voient une culture remplacer la leur… Sans valeur nous ne sommes plus rien. On s’imagine ainsi comme un simple débris sans âme qui n’a plus aucune utilité ici-bas. Certes, on vit encore, notre cœur bat toujours, mais on souffre. Cette situation peut d’ailleurs mener à ce que Durkheim a appelé le suicide égoïste ; l’individu n’est plus suffisamment attaché aux autres et alors il s’exile dans les plaines froides des limbes. Perte de liens De manière plus récente (ou plutôt plus récemment médiatisé), on observe également une demande de suicide assisté. Les demandeurs expliquent par exemple que plus rien ne les retient ici-bas, qu’ils devraient partir le plus vite possible pour souffrir le moins possible. Norbert Elias dirait surement que cette perte de liens est justement la conséquence de l’occultation de la mort (elle-même conséquence du processus de civilisation) et que l’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) est le produit de notre société individualiste. On ne s’occupe plus des mourants et ils se retrouvent donc seuls dans les derniers instants, à se demander ce qu’il restera d’eux. Cette occultation conduit à la solitude du mourant, à l’ « homo clausus ». Elias nous enjoint plutôt à rappeler leur valeur aux mourants, afin de les laisser partir l’âme en paix : « Aujourd’hui, nous nous efforçons avant tout de venir au secours des mourants en soulageant leurs souffrances et en assurant autant que possible leur bien-être physique. Par là nous leur montrons que nous n’avons pas cessé de les considérer comme des êtres humains. Toutefois dans les hôpitaux, où les tâches sont nombreuses et multiples, ces soins prennent évidemment un caractère assez mécanique et impersonnel. Les familles aussi se sentent aujourd’hui souvent embarrassées dans ces situations qui sortent de l’ordinaire et ne trouvent pas sans peine les mots qui peuvent réconforter les mourants. Il n’est pas toujours facile de montrer à des êtres qui sont en train de mourir qu’ils n’ont pas perdu toute signification pour d’autres êtres. Lorsque cela se produit, lorsqu’un homme à l’article de la mort sent qu’il ne signifie plus rien aux yeux des individus qui l’entourent, alors il meurt vraiment dans la solitude. » Norbert Elias dans La solitude du mourant, 1985 Aujourd’hui, je me demande si nous en faisons assez pour nos anciens. Les divers établissements de fin de vie (maison de retraite, ehpad) ne sont pas

« Réarmement démographique » : quand les naissances doivent servir le PIB

« Réarmement démographique » : quand les naissances doivent servir le PIB Publié le24 janvier 2024 Mardi 16 janvier, Emmanuel Macron a tenu une conférence de presse. © Jacques Witt/SIPA « Réarmement démographique » : quand les naissances doivent servir le PIB Mais que veut donc dire Macron et son « réarmement démographique » ? Voici un article long et posé qui tente d’éclairer ce qui sous tend la politique nataliste manifestement voulue par le président de la république. Macron est le roi des sorties incompréhensibles. Lors de sa dernière allocution, il s’est prononcé sur le déclin démographique record de la France. Voilà qu’il a lâché le terme fort de « réarmement démographique ». Comme on rechargerait son arme, Emmanuel Macron entend réarmer la France à grand renfort de bambins. Il aurait toujours pu le demander gentiment, avec un champ lexical plus pacifique [1], le message serait resté le même à savoir un message nataliste. En prononçant ces mots et en enjoignant les Français à faire des enfants, Emmanuel Macron ne force personne, bien évidemment ; j’imagine qu’aucun couple n’a eu de déclic au soir de l’allocution. C’est le symbole d’un tel discours qu’il faut examiner. Ces mots ne sortent pas de la bouche de n’importe qui, mais de celui qui est à la tête de l’Etat français. Ils ne pèsent donc pas le même poids. Voilà pourquoi il est d’autant plus important de bien mesurer leur portée. Que veut-il bien nous dire ? Pour mieux comprendre, il nous faut plonger dans l’histoire des politiques natalistes en France pour ensuite remonter à la surface les yeux plus perçants. Carricature de Chappatte, 2024 Au cours de l’histoire, l’Etat – et en particulier les hommes – ont toujours voulu contrôler les naissances, et donc le corps de la femme. Dans l’antiquité grecque, les femmes étaient perçues comme des machines à enfants sur pattes. Aristote expliquait que les femmes ne sont que des récepteurs ; c’est l’homme qui crée véritablement la progéniture, à l’image de la naissance d’Athéna laquelle sort soudainement du crane de Zeus. C’est le « devoir archaïque dominant », explique Françoise Héritier. Les naissances sont considérées comme le devoir de toute femme. La Patrie a besoin de nouvelle chair pour s’étendre et se protéger. Ce n’est pas un choix, mais un devoir bien intériorisé. Chasse aux sorcières et contrôle de la procréation par l’Etat Mais toutes les femmes ne se sont pas pliées aux exigences productives de la société patriarcale. Encore de nos jours, les Indiennes Achuar d’Amazonie ont le monopole de la procréation. « L’accouchement est une affaire de femmes, effectué dans un domaine féminin, et il est de règle qu’aucun homme ne soit présent dans le jardin pendant le travail et l’expulsion, fût-il le père de l’enfant à naître» (Philippe Descola, Le monde des jardins. In La nature domestique). De même que les « sorcières » durement réprimées au milieu de la Renaissance se caractérisaient entre autres par leur autonomie concernant la reproduction. C’est cette autonomie qu’ont brisé les autorités civiles de l’époque. Celles qui géraient la procréation étaient certes sachantes (connaissance par l’expérience), mais pas savantes. La rationalité de la Renaissance n’eut que faire de leurs herbes magiques, et les médecins professionnels s’implantèrent alors dans le processus de la naissance. Petit à petit, l’Etat s’y est invité si bien qu’aujourd’hui, il est partout ; des promesses d’allocations, au suivi médical en passant par l’accouchement en clinique publique. Ce qui est proposé comme abri pour les jeunes mères peut se révéler comme des institutions bien plus contraignantes, « quasi-carcérales ». Aussi, l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 met en place l’enregistrement des naissances dans la France de l’époque. Pour contrôler les naissances, il faut d’abord les compter. La démographie est elle-même – du moins en France – « une science tournée vers l’action de l’État et subordonnée à des fins autant politiques qu’éthiques » (Lenoir, Rémi, 1995 ; cité dans Charrier, P. & Clavandier, G ,2013. Sociologie de la naissance). Mais pourquoi l’Etat s’intéressait-il de si près aux naissances ? Le contrôle du corps de la femme n’est pas une fin en soi. Derrière les naissances se trouvent des objectifs bien plus précis. Entre guerres et industrialisation En 1871, la France perd la guerre contre la Prusse. S’ensuivent de fortes tensions avec le désormais empire allemand et la première guerre mondiale aggrave le climat guerrier qui règne en France. La guerre est accompagnée d’une forte industrialisation. Ainsi, à l’époque il fallait faire des enfants afin de fournir une armée de travailleurs et de soldats. Selon Karl Marx, la révolution industrielle a été rendue possible grâce à un investissement dans le capital économique (théorie de l’accumulation primitive du capital). On pourrait rapprocher cette analyse avec la hausse des naissances, soit l’investissement dans un « capital humain ». Bref, l’Etat enjoint les Françaises à faire des enfants par peur d’un « péril démographique » qui affaiblirait davantage le pays – on retrouve une amusante critique de ce natalisme jugé quelque peu paranoïaque ici. En outre, aux pertes de la guerre, il faut ajouter la baisse de la natalité en partie à cause de la mise en place de lois sociales qui retardent l’entrée des enfants dans le marché du travail. Les familles y réfléchissent donc à deux fois avant d’investir dans un enfant qui produira de la valeur tard, trop tard peut-être. « Cependant, ce raisonnement rationnel et économique côtoie d’autres thèses plus politiques », expliquent Clavandier et Charrier. La grève des ventres A l’évidence, tous les nouveaux nés ne joignaient pas les mêmes rangs. Les familles les plus aisées n’envoyaient pas leurs enfants dans les mines ou dans les tranchées. De plus, certains constatent que dans ces mêmes familles, la restriction volontaire de grossesse est pratiquée et « il leur semble injuste que ce soient les classes laborieuses et les femmes qui aient à subir le poids de naissances nombreuses, alors qu’ils auraient besoin, pour leur émancipation, de pouvoir réguler un peu tout cela » (Éric Hello sur France Culture, 2022). Ainsi, en pleine révolution industrielle, dans les années 1890, on a observé le mouvement inédit de « grève des ventres ». Les